L’équipe de rédaction
Le discours du Trône, lu hier, a laissé entrevoir une libéralisation du secteur des télécommunications.
Sans donner trop de détails, la gouverneure générale a affirmé qu’Ottawa «ouvrira davantage le Canada au capital de risque et à l'investissement étranger dans les secteurs clés, notamment ceux des satellites et des télécommunications, donnant ainsi aux entreprises canadiennes un accès aux fonds et à l'expertise dont elles ont besoin».
Le gouvernement conservateur avait déjà renversé une décision du CRTC en décembre dernier pour permettre à Globalive, dont la maison-mère Orascom, basée en Égypte, détient 65 % des capitaux, de lancer son service au Canada.
Le ministre fédéral de l’Industrie Tony Clement avait alors déclaré dans un communiqué : «Notre objectif a toujours été d'augmenter la concurrence dans l'industrie des télécommunications, ce qui mène à une réduction des prix, à un meilleur service et à un plus grand choix pour les consommateurs et les entreprises.»
Les réactions à cette annonce vont jusqu’à maintenant de l’enthousiasme aux hauts cris.
Le Syndicat des télécommunications, de l’énergie et du papier (SCEP) a déclaré, par voie de communiqué, qu’il s’agissait d’une «autre atteinte à la souveraineté canadienne» qui pave la voie à la propriété étrangère dans d’autres secteurs, comme la téléphonie et la radiodiffusion, et d’une «autre promesse électorale brisée par les conservateurs». Le Syndicat se base sur une déclaration faite par Stephen Harper à Halifax en 2008, qui affirmait alors n’avoir aucune intention d’assouplir les restrictions sur la propriété étrangère pour les télécoms.
L’Union des consommateurs a quant à elle déclaré à La Presse qu’elle voyait cette nouvelle concurrence d’un bon œil, «si c’est pour profiter aux consommateurs». Plusieurs analystes s’attendent en effet à une baisse des tarifs advenant la venue de sociétés étrangères.
Les géants Bell, Rogers et Telus n’ont pas encore émis de réaction officielle, attendant peut-être le dévoilement du budget fédéral en fin d’après-midi.

